Le Togo a connu sa première défaite sous Patrice Neveu, mardi 29 septembre à Ndola, face à la Zambie (2-0), lors de la deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2027. Trois jours après une victoire à Kégué contre le Burundi, les Éperviers n’ont pas su enchaîner. Le score dit une chose, le match en dit une autre : le Togo a eu le ballon sans jamais vraiment faire peur. Pourquoi nos attaquants n’arrivent-ils pas à obtenir des occasions ? La réponse tient moins aux hommes qu’au système.
Un match compromis dès la 3e minute
Dès la 3e minute, Albert Kangwanda a ouvert le score pour la Zambie. Un but aussi précoce change tout : le Togo, venu chercher un résultat, a dû courir après le score. La Zambie, elle, a pu s’installer, défendre son avantage et jouer en transitions. Le match a ensuite été interrompu pendant environ 18 minutes, ce qui a cassé le rythme des Éperviers. Au retour des vestiaires, ils ont pourtant pris le jeu à leur compte, avec davantage de ballon et d’intentions. Mais face à une défense zambienne bien en place, ils ont peiné à trouver les espaces et manqué de précision dans les derniers mètres. Patrice Neveu l’a reconnu lui-même : son équipe n’a pas suffisamment mis en danger le gardien adverse. Il a salué la réaction de ses joueurs, mais le constat est clair : beaucoup de jeu, peu de danger.
Le 3-5-2, un système exigeant
Le 3-5-2 repose sur trois défenseurs centraux, deux pistons qui occupent tout le couloir, trois milieux dans l’axe et deux attaquants. Il offre de la solidité et une supériorité numérique au milieu. Mais il demande beaucoup aux pistons, qui portent toute la largeur, et à un duo d’attaque qui doit s’entendre à la perfection. Quand l’un de ces deux éléments coince, l’attaque s’éteint.
Les raisons d’un manque de danger
Face à une équipe repliée à huit ou neuf joueurs, deux attaquants affrontent trois ou quatre défenseurs. Sans appels croisés, sans l’un qui décroche pour ouvrir l’espace à l’autre, la défense n’a aucun problème à gérer.
Des pistons qui n’élargissent pas assez.
Si les pistons restent bas ou reçoivent sans soutien, le jeu se referme dans l’axe, là où le bloc adverse est le plus compact. Moins de débordements, moins de centres dangereux, moins d’occasions.
Trop peu de monde dans la surface.
Avec seulement deux attaquants, un centre trouve rarement un troisième joueur qui arrive de derrière. Un finisseur comme Kevin Denkey vit de ballons dans la zone de vérité. Il ne peut pas les créer seul.
Pas de meneur entre les lignes.
Le 3-5-2 n’a pas de numéro 10 attitré. Les milieux doivent à la fois récupérer et construire. Quand ils sont trop pris par le travail défensif, personne ne reçoit dans le dos du milieu adverse pour lancer les attaquants.
Une possession sans vitesse.
Garder le ballon ne suffit pas. Une circulation lente et latérale laisse à la défense le temps de se replacer. Pour déséquilibrer un bloc bas, il faut des passes en une touche, des changements de jeu rapides et des appels dans le dos.
Une défense à trois qui se découvre.
En poussant pour égaliser, les Éperviers ont pris des risques. La Zambie a fini par porter le coup de grâce. C’est le piège du système : plus on attaque, plus on s’expose derrière.
Juger les attaquants avec nuance
Il serait injuste de faire des attaquants les seuls responsables. Charles Abi, retenu par des soucis administratifs, n’a pas pu jouer contre le Burundi. Il n’a donc eu qu’un match, dans un contexte compliqué, pour s’exprimer. Et contre le Burundi justement, le seul but est venu d’une frappe de Karim Dermane, un milieu, pas d’une combinaison offensive construite. Cela ne veut pas dire que l’attaque est sans reproche. Mais un attaquant qui ne reçoit pas de bons ballons ne peut pas être efficace. Avant de juger les hommes, il faut regarder comment ils sont servis.

Conclusion
Tout n’est pas perdu. Après deux journées, l’Algérie compte 4 points, le Togo et la Zambie 3. Le groupe reste ouvert. Mais pour que le Togo aille chercher sa qualification, il devra faire évoluer son animation offensive. Le problème n’est pas seulement une question de finition : c’est une question de système. Patrice Neveu parle d’une équipe en reconstruction. Il a maintenant l’occasion de montrer qu’il sait ajuster.
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